



D'authentiques touristes !
Comme dans le livre de Terzani « Une devin m'a dit », nous avons prĂ©fĂ©rĂ© la terre Ă l'air. Et comme tant de touristes qui visitent le Vietnam chaque annĂ©e, nous sommes tombĂ©s sous le charme du train sud-nord, qui relie Ho Chi Minh-Ville Ă la capitale HanoĂŻ. Le pays s'est dĂ©voilĂ© sous nos yeux alors que nous parcourions plus de 900 km, de Saigon Ă Danang, avec une escale dans la ville cĂŽtiĂšre de Nha Trang. Nos sens Ă©taient aiguisĂ©s par le balancement constant du train, le manque de sommeil et l'espace restreint dans lequel nous Ă©tions dĂ©sormais confinĂ©s.Â
Aujourd'hui, voyager signifie passer quelques jours ou quelques semaines Ă essayer d'Ă©chapper aux itinĂ©raires habituels pour ceux qui recherchent une « expĂ©rience authentique ». Venant du Cambodge, le Vietnam semblait ĂȘtre un endroit particuliĂšrement difficile pour Ă©chapper Ă l'industrie touristique.
Est-il vraiment possible de voir et de comprendre quoi que ce soit du Vietnam en sept jours ? Ce qui nous a permis de nous Ă©vader, c'est bien le train, et tout ce qu'il nous a offert en tant que voyageurs animĂ©s uniquement par le dĂ©sir d'observer et de nous immerger dans le mode de vie local. J'Ă©tais accompagnĂ© dans ce voyage par l'ouvrage emblĂ©matique de John Pilger, « Heroes », et son tĂ©moignage de guerre au Vietnam, qui contrastait fortement avec les paysages paisibles et lumineux qui se dĂ©roulaient sous nos yeux, Ă travers les fenĂȘtres. Vingt ans plus tard, la guerre semblait n'avoir laissĂ© que trĂšs peu de traces visibles... Une simple illusion que le voyage en train nous permettait d'entretenir. EntourĂ©s par les paysages et les habitants, mais enfermĂ©s dans l'espace du train en marche, nous bĂ©nĂ©ficions d'une immunitĂ© contre tout engagement et d'un droit d'observation si rare qu'il en devient exquis, presque un luxe Ă©trange.
â texte par Marta Soszynska et moi-mĂȘme









