À 20 ans, j’ai quitté le village où j’ai grandi, dans l’ancien bassin minier du nord de la France.
J’ai ensuite vécu et travaillé à Paris, Phnom Penh, Mexico et Londres. Dans chacune de ces villes, j’ai découvert d’autres façons de collaborer, de fabriquer et de raconter.
Depuis, mon travail prend des formes très différentes. J’ai produit des documentaires, photographié des territoires, conçu des applications, développé des sites, piloté des plateformes internationales et imaginé des outils d’apprentissage basés sur l’IA.
Je ne choisis pas un format par habitude. J’essaie d’abord de comprendre ce que le projet demande. Ce qu’il cherche à transmettre. À qui il s’adresse. Ce qui doit être raconté, montré, organisé ou rendu possible.
Ensuite vient la fabrication. Il faut trouver une structure, faire des choix éditoriaux, réunir les bonnes personnes, comprendre les contraintes techniques et mettre soi-même les mains dans le code, l’image ou le montage.
C’est cette continuité entre l’intention et la réalisation qui m’intéresse. Ne pas séparer la manière dont on pense un projet de la manière dont on le construit.
J’aborde les technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle, comme des pharmaka1. Elles ne sont ni des outils neutres, ni des menaces inévitables. Ce sont des matériaux à façonner, à questionner et, lorsque cela est nécessaire, à réorienter.
La technologie n’est jamais une fin en soi. Elle trouve sa place lorsqu’elle permet à un projet de prendre forme, à une histoire de circuler ou à une expérience de devenir possible. Je m’intéresse à un usage de la technologie qui enrichit notre présence au monde (et non qui l’érode).